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Qualiopi10 min de lecture

Indicateur 1 Qualiopi : quelles informations publier sur chaque fiche formation

Prérequis, objectifs, durée, tarifs, délais d'accès, accessibilité : ce que l'indicateur 1 attend, dans le texte, et comment le tenir sur tout un catalogue.

L'indicateur 1 du référentiel national qualité demande une information accessible au public, détaillée et vérifiable sur les prestations proposées. Le référentiel énumère lui-même ce que cette information couvre : prérequis, objectifs, durée, modalités et délais d'accès, tarifs, contacts, méthodes mobilisées et modalités d'évaluation, accessibilité aux personnes handicapées. C'est la liste de référence. Tout le travail consiste à la faire figurer, formation par formation, sur un support que n'importe qui peut consulter — et à la maintenir à jour quand les tarifs et les programmes bougent.

Le référentiel n'impose pas un format, mais un niveau de détail

Nulle part il n'est écrit « une page web par formation ». Le texte parle d'information accessible, détaillée et vérifiable, et n'exclut aucun support. Avis pratique, tiré de ce que j'ai vu passer en audit : la fiche par formation, en accès libre sur le site, est la forme la plus simple à montrer et la plus simple à tenir. Une seule page à ouvrir, tout y est.

Les autres formats demandent plus d'efforts de démonstration. Une plaquette envoyée uniquement sur demande est un point de fragilité : le référentiel demande une information accessible au public sans interdire pour autant la diffusion sur demande — mais un support qu'il faut réclamer vous oblige, à mon sens, à établir autrement que l'information circule vraiment. Un catalogue qui résume chaque thème en trois lignes vous expose, lui, à la question du niveau de détail. Si vous n'avez pas de site, ma pratique serait un document public, daté, téléchargeable sans compte ni formulaire préalable — ce n'est pas un format validé par le référentiel, c'est le moyen le plus direct que je connaisse de rendre l'information réellement accessible.

Ne pas confondre information du public et documents remis au stagiaire

Deux obligations différentes cohabitent, et les mélanger fait perdre du temps. L'indicateur 1 porte sur l'information accessible au public, celle que n'importe qui peut consulter sans passer par vous.

À côté, le code du travail prévoit une information précontractuelle individuelle. L'article L6353-8 impose de mettre à disposition du stagiaire ou de l'apprenti, avant son inscription définitive : les objectifs et le contenu de la formation, la liste des formateurs et des enseignants, les horaires, les modalités d'évaluation, les coordonnées de la personne chargée des relations avec les stagiaires par l'entité qui commande la formation, et le règlement intérieur. Lorsque la formation est achetée par une personne physique à titre individuel et à ses frais (contrat de l'article L6353-3), s'y ajoutent, avant tout règlement de frais : les tarifs, les modalités de règlement et les conditions financières prévues en cas de cessation anticipée ou d'abandon. Relisez l'article en vigueur sur Légifrance avant de rédiger vos supports : certaines mentions recoupent la fiche publique, d'autres non, et publier un programme ne vous dispense pas de la remise individuelle.

Indicateurs 1, 2, 3 : ne pas mélanger non plus

Beaucoup d'organismes empilent tout dans « le critère 1 » et s'y perdent. L'indicateur 1 porte sur le contenu de l'information diffusée. L'indicateur 2 porte sur la diffusion d'indicateurs de résultats adaptés à la nature des prestations et aux publics accueillis. L'indicateur 3 ne joue que lorsque la prestation vise l'obtention d'une certification professionnelle : il porte alors sur les taux d'obtention, les possibilités de valider un bloc de compétences, les équivalences, passerelles, suites de parcours et débouchés. Il ne concerne donc pas toutes les catégories d'actions.

C'est vrai plus largement : tous les indicateurs ne s'appliquent pas à tout le monde. Le guide de lecture du référentiel national qualité, publié par le ministère du Travail, précise indicateur par indicateur les catégories d'actions concernées — actions de formation, bilans de compétences, actions permettant de valider les acquis de l'expérience, actions de formation par apprentissage. C'est le document à ouvrir, plutôt que de raisonner par déduction. Écrivez noir sur blanc, avant l'audit, pourquoi tel indicateur ne s'applique pas chez vous, et vérifiez ce raisonnement ligne à ligne dans la version en vigueur du guide.

Les mentions à faire figurer sur chaque fiche

  • Prérequis : ce qu'il faut savoir ou avoir fait avant d'entrer. « Aucun prérequis » est une réponse valable, à condition de l'écrire. Ne confondez pas prérequis et public visé : les deux gagnent à apparaître, séparément.
  • Objectifs : ce que le participant saura faire à la fin, en verbes d'action. « Sensibiliser au RGPD » dit peu ; « identifier les traitements de données à risque dans son service » dit quelque chose.
  • Durée : nombre d'heures et répartition (journées, demi-journées, séquences). Pour de l'asynchrone, une durée estimée, présentée comme telle.
  • Modalités d'accès : comment on s'inscrit concrètement — formulaire, devis, convention, plateforme de financement — et ce qui déclenche l'inscription.
  • Délais d'accès : sous quel délai une personne qui vous contacte peut entrer en formation. Vous fixez ce délai ; il doit être réaliste et tenu.
  • Tarifs : prix, unité (par personne, par groupe, par jour), HT ou TTC, et ce que le prix comprend.
  • Contacts : le référentiel demande des contacts sans en préciser la forme. Email, téléphone, formulaire : à vous de voir. Une personne identifiée rend la fiche plus concrète pour le lecteur.
  • Méthodes mobilisées : pédagogie, supports, plateau technique, présentiel ou distanciel, taille de groupe.
  • Modalités d'évaluation : comment vous évaluez les acquis pendant et à la fin, et ce que le participant reçoit (attestation, certification visée).
  • Accessibilité aux personnes handicapées : ce que vous proposez concrètement — étude des besoins d'adaptation en amont, contact identifié, orientation vers des ressources spécialisées si vous ne pouvez pas répondre.

Ajoutez une date de mise à jour sur chaque fiche. Ce n'est pas exigé mot pour mot, mais l'information doit être actuelle, et une date visible fait une bonne partie du travail de démonstration.

Ce qui se regarde en audit

Sur l'indicateur 1, la preuve est l'information réellement diffusée. L'auditeur consulte donc ce que voit le public : votre site, vos documents téléchargeables, vos fiches publiées ailleurs. Quatre points méritent d'être vérifiés par vous-même, avant que quelqu'un d'autre ne les regarde.

  • L'exhaustivité sur la fiche consultée, pas seulement sur la formation vitrine : les mentions attendues doivent y être, pas éparpillées entre les CGV, la page contact et la FAQ.
  • La cohérence entre canaux : page web, PDF téléchargeable, fiche publiée sur une plateforme de financement et programme remis au stagiaire doivent dire la même durée, le même tarif, les mêmes objectifs.
  • La cohérence avec les dossiers : la durée annoncée face à celle de la convention et des feuilles d'émargement, le tarif annoncé face à la facture.
  • L'actualisation : une fiche qui mentionne un dispositif abrogé, un formateur parti ou des sessions de l'an dernier suggère que le catalogue n'est pas tenu.

Le PDF est le piège classique. La page web a été corrigée, la plaquette téléchargeable date de plusieurs années et affiche un autre tarif. L'écart est facile à constater. Avant l'audit, téléchargez vous-même tous les documents que votre site propose. La logique est celle de la préparation du reste du dossier : rassembler et vérifier les preuves avant l'audit, pas pendant.

Les formulations qui tiennent

Sur les tarifs, l'exigence est celle d'une information vérifiable. Un « nous consulter » isolé ne donne aucune matière au lecteur. Pour une formation inter-entreprises au catalogue, publier le prix est le plus simple. Pour de l'intra sur mesure, une façon de faire qui me paraît tenable consiste à publier une base tarifaire — tarif journalier formateur, fourchette selon la taille du groupe — puis à renvoyer vers un devis. L'essentiel : quelqu'un qui lit la fiche doit pouvoir se faire une idée de ce qu'il va payer.

Sur les délais d'accès, une formulation utile précise un point de départ et une réserve : inscription possible jusqu'à un certain nombre de jours ouvrés avant le démarrage, dans la limite des places disponibles. À vous de fixer ce nombre selon votre fonctionnement réel, et de l'annoncer seulement si vous savez le tenir. Si vous vendez du sur-mesure, indiquez le délai habituel entre le premier contact et l'entrée en formation. « Nous intervenons rapidement » ne dit rien. Et si vos sessions passent par un dispositif de financement particulier, vérifiez dans la documentation de ce dispositif ce qu'il prévoit sur les délais avant d'écrire une durée qui le contredirait.

Sur l'accessibilité, « nos locaux sont accessibles aux personnes à mobilité réduite » traite le bâtiment, pas la prestation. Décrivez la démarche : prise de contact en amont, étude des besoins d'adaptation, relais possibles. Donner un contact identifiable rend l'information plus concrète et prépare l'indicateur 26 du référentiel, relatif à la mobilisation d'expertises, d'outils et de réseaux en matière de handicap.

Sur les prérequis, une fiche qui en annonce doit pouvoir montrer comment ils sont vérifiés. C'est le lien direct avec le test de positionnement en amont : annoncer un niveau minimum sans moyen de le contrôler crée un écart entre ce que vous publiez et ce que vous faites.

Les indicateurs de résultats, à ne pas oublier

Le référentiel ne fixe pas de liste fermée : les indicateurs doivent être adaptés à la nature des prestations et aux publics accueillis. En pratique, les organismes publient un taux de satisfaction, un taux d'atteinte des objectifs ou de réussite, parfois l'assiduité ou l'abandon, et pour les parcours certifiants un taux d'obtention. Trois règles de bon sens : chaque chiffre est daté, rattaché à un périmètre (sessions concernées, nombre de répondants) et reconstituable à partir de vos données. Un taux affiché sans base de calcul se démonte à la première question. Vos questionnaires à chaud et à froid en sont la source naturelle.

Cas fréquent : l'organisme récent, sans volume. Inventer un chiffre est exclu. Deux réflexes avant de rédiger quoi que ce soit : relire ce que le guide de lecture dit de l'indicateur 2 dans sa version en vigueur, et demander à votre certificateur une clarification sur ce qu'il attend d'un organisme sans historique — il précise l'exigence, il ne vous conseillera pas sur la construction de vos preuves. Ce que j'ai vu passer sans difficulté, ce n'est pas une case vide : c'est une mention datée qui explique où en est l'organisme et à partir de quand les résultats seront publiés.

Tenir le catalogue à jour dans la durée

Écrire une bonne fiche n'est pas difficile. En avoir vingt qui restent cohérentes pendant trois ans l'est davantage, alors que la même information existe en plusieurs exemplaires : le site, le PDF, la plateforme de financement, le programme remis au stagiaire, l'annexe de la convention. La méthode qui tient est la source unique : une fiche de référence par formation, d'où sont produits le programme, l'annexe pédagogique et la page publique. Un modèle de document maîtrisé suffit, à condition de s'y tenir ; un outil de gestion comme Preuva permet aussi de stocker ces fiches à un seul endroit et de les réutiliser dans les documents générés. Le sujet recoupe le reste de l'organisation documentaire d'un logiciel orienté Qualiopi.

Dernier point, souvent négligé : l'information doit être accessible. Un catalogue qui n'existe qu'en images, dans un PDF non sélectionnable ou derrière un formulaire, complique la lecture pour tout le monde. Du texte, sur une page, à jour, avec une date. L'indicateur 1 ne demande rien de plus compliqué.

Sources

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